25 mai 2018

Les aventures extraordinaires d'un allemand en Italie
Augsbourg-Venise, 1584
L'art de l'improvisation à travers les Tablatures et les diminutions à la Renaissance

Le dessus de cornet est plus en usage que les autres parties, à raison que l’on en use dans les Concerts des voix, & avec l’Orgue, pour faire le dessus, lequel est ravissant, quand on en sçait sonner en perfection, comme le sieur Quiclet...Quant à la propriété du son qu’il rend, il est semblable à l’éclat d’un rayon de Soleil, qui paroist dans l’ombre ou dans les tenebres, mors qu’on l’entend parmy les voix dans les Eglises Cathedrales, ou dans les Chapelles.
MARIN MERSENNE, Harmonie Universelle, Paris 1636

Le programme est constitué en grande partie par de la musique allemande inspirée des modèles italiens de la fin du 16ème siècle. G. Aichinger et H.L. Hassler, musiciens de l’Allemagne du sud, se sont inspirés largement des Gabrieli (Andrea et Giovanni), organistes et maîtres de chapelle à Venise. L’empreinte italienne demeure longtemps en Allemagne par le biais des musiciens de la « nouvelle musique baroque naissance comme Ferrari, le compositeur qui collabore avec Monteverdi pour l’écriture de l’opéra L’incoronazione di Poppea dont il écrit le duo final. Le programme est complété par des danses qui constituent un répertoire et une activité sociale essentielle jusqu’à la fin de l’ère baroque. Ces répertoires sont transmis sous forme de musique imprimée ou de manuscrits. La notation, système d’imprimerie oblige, est somme toute lacunaire : seul le squelette harmonique ou polyphonique (les différentes voix) sont notés : l’exécutant, chanteur ou instrumentiste, « habille » notes et lignes mélodiques de « diminutions » (il divise les valeurs lentes et joue alors bien plus de notes) et d’ornements selon des procédés consignés dans des ouvrages pédagogiques. L’ornementation semble avoir été foisonnante si on croit de nombreuses sources. Voilà ce qu’écrit l’organiste Jean Titelouze : La mesure et les accents [Les ornements] sont recommandables tant aux voix qu'aux instruments, la mesure reglant le mouvement, & les accents animans le chant des parties...Pour les accents, la difficulté d'aposer des caractères a tant de notes qu'il en faudroit m'en a fait rapporter au jugement de celuy qui touchera, comme je sais des cadences qui sont communes.
Hymnes de l'Église pour toucher sur l'orgue, 2ème édition, 1624, Ballard.


G. Gabrieli Intonatione quinti toni

Ms Torino Canzona II di G. Gabrieli

G. Aichinger Ego autem, diminution inspirée de F. Rognoni

G.Diruta Toccata di Salto Cativo del Sesto Tono

H. L. Hassler O admirabile commercium, diminution inspirée de Bovicelli

H. L. Hassler Qui laudat Dominum diminué par Schmid le Jeune

Anonyme : Pavane el bisson et sa gagliarda

G. Aichinger Gaudeamus et exultemus diminué par Schmid le Jeune

Anonyme Chanson Une jeune fillette et son tourdion

H/L Hassler Mirami vita mia diminution inspirée de G. Bassano

H/L Hassler Ridon di maggio i pratti ei vaghi colli diminué par Schmid le Jeune

Benedetto Ferrari : Passacaille & Chiaconna


Cornet à bouquin, William Dongois
Clavecin: Jean-Christophe Revel


Reid Hall, 4 rue de Chevreuse, 75006 Paris, métro Vavin
20h
15 euros, Tarif réduit 10 euros

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